Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LES GIGOTS BITUMES : UN ESPRIT, UN GROUPE

LES GIGOTS BITUMES : UN ESPRIT, UN GROUPE

Menu
RCBTP - Les Loups Rilliards : 5 - 0

RCBTP - Les Loups Rilliards : 5 - 0

Mes seigneurs,

Pour les nombreux absents d’hier soir, je vous livre – comme PizzaHut sur sa mobylette – quelques impressions de cette soirée d’hier unanimement ressentie comme mitigée et non accomplie.

D’abord le score : 5 essais à rien.

Oui mais … Si RILLIEUX est venu peu nombreux, plutôt léger et monté fin, en revanche de notre côté, toute l’artillerie lourde était présente hier, tous nos avants, nos panzers en ordre de marche, casqués-blindés, les chenilles de sortie, prêts à envahir la Pologne et ravager les grandes plaines de Biélorussie, prêts à en découdre le calibre à la main avec un adversaire qu’on sait toujours bien équipé devant.

Donc chez nous, 16 avants sur la feuille de match, pour 4 arrières ! Ne manquaient peut-être qu’un Chose, un Nichon ou une Paupiette pour compléter notre phalange, notre pack, qui ma foi a fière allure quand ils sortent du vestiaire le pec saillant, le regard mauvais et la mâchoire serrée. Mais derrière, de quoi disposait on ? à vrai dire de pas grand chose, voire de rien … un grand désert même, vent du cul dans la plaine, de la poussière dans l’espace, le vide intersidéral, l’avant big-bang, le truc inexplicable que tout esprit moyen comme le mien ne peut appréhender, la non-matière, au-delà même des frontières du vivant, un plan à la Kubrick, le silence, les cailloux, un petit vent frais, quelques singes autours d’un monolythe, un truc de physique quantique où tu te dis que nous ne sommes vraiment rien … hier soir notre ligne de ¾, c’était ça, une théorie compliquée sur le vide et les origines de l’humanité, nos ¾ habituels, tous absents, décimés, blessés ou indisposés, scotchés auprès de maman qui a des règles douloureuses, d’astreinte chez Mamy Chompier qui fait sa première communion, encore ! les étagères Ikea de la rombière qui sont toujours pas montées ou le Scénic qui faut passer à la peau de chamois, ou je ne sais quelle connerie ou vaine ineptie d’une vie bourgeoise et sans aspérités, papa-maman-2 chiards-le cleps-la Citroën dans le garage- … voire pire encore, je n’ose vous l’avouer, pour ceusses qui l’ignoreraient encore, certains auraient décliné pour aller au ski

… aaaaargh ! ces rupins qui s’autorisent à faire sécher parce qu’il faut à tout prix aller dépenser ses alloc sur les pistes … misère … j’arrête, je m’énerve tout seul.

Du coup, à l’exception des fidèles et incontournables Fist et Toast, nous avons du bricoler. Mais je parle de vrai bricolage, le bricolage noble, celui qui tâche le bleu de travail et abîme les mains, pas le truc à-la-con des magasins auto-proclamés de Bricolage du samedi après-midi qui ne vendent que des enfourneurs de saucisses-à-cul et qui t’inondent ta boîte aux lettres de prospectus à la mord-moi-le-zboube. Enfin j’me compriiiiin

… Ainsi donc nous dûmes composer : la charnière, Mézigue et Papy La Bricole qui n’avait pas joué 10 depuis les accords de Grenelle. Au centre, Doc – là on est au-delà de l’innovation, un truc à gagner le concours Lépine – et Rantanplan – lui tu le fous n’importe où, du moment qu’il peut te balancer des placages de charcutier aux 4 coins du terrain, il est heureux, il jappe de joie et remue sa petite queue sans complexe. Et enfin sur une aile, Belami, aussi perdu que grippé. L’homme un peu souffreteux hier soir, se mit complètement au service de l’équipe, totalement, fit dont de son corps à la science gigobitumienne et accepta sans broncher de jouer à l’aile, ce qui lui parlait autant que s’il lui avait fallu tenir le balai aux championnats vaudois de curling d’été. Belami à l’aile, faut lui filer un Gps, une carte d’état major et une balise Argos : complètement perdu le pauvre. Heureusement je lui avais mis un collier avec mon numéro et fait tatouer l’oreille. A l’autre aile, la joyeuse pédale, et à l’arrière, le type qu’est né sur un camion citerne et qui court comme un jeune daguet en rut dans la clairière. Autant dire, l’improvisation totale. Un premier tiers temps pas mal du tout. Ça joue, ça ouvre, ça percute, la 3ème ligne est omniprésente, on a tous les ballons, beaucoup de volume de jeu, je trouve bien le Brie, qui tâche de distribuer autour de lui correctement. Sur leurs quelques ballons, nos motofaucheuses leur tuent tout espoir directement dans l’œuf. Et des espaces s’ouvrent. Des boulevards même. Et quand tu files un ballon à Montmirail, Toast ou Belami, directement sur l’autoroute, sans obstacle, pas de circulation et aucun radar annoncé, ces avions de chasse écrasent le champignon, et tu ne les revois plus. Juste le souvenir de leur numéro dans le dos que tu as aperçu au loin dans le petit brouillard blême de la plaine genassienne.

Le Rilliard lui ne rit plus. Mais alors plus du tout. Il a la nausée, le rictus forcé, et un goût amer dans la bouche. Du coup, puisque derrière, ils sont à l’Ouest, les débats se corsent devant, les charges se veulent plus agressives, les nettoyages plus appuyés. On prend même quelques coups. Ça couine, ça rouspete, ça ergote. Du coup, pour calmer les esprits et les débats, on fait rentrer à la mi-temps les policiers, les papas, la garde prétorienne, les légionnaires casqués, les gars qui adorent la boue, la barbac, le combat rapproché, le nettoyage de tranchée à la baïonette … l’Africain, le Kurde, Djib, Sebouze, Pépé … que des demoiselles, des précieuses, des danseuses, des meneuses de revue emplumées … Il va sans dire que tout danger a rapidement été annihilé. Ils n'ont jamais approché notre ligne d'essai à moins de 185 mètres, et nous aurions joué 3 jours durant que cela n'aurait rien changé ! Sauf que, et c’est là que le bât blesse, ce deuxième tiers temps a vu curieusement la qualité s’effondrer, le rythme diminuer, et les débats s’étioler … une succession de mêlées sans intérêt, de charges individuelles inexploitées, et de passes (je ne sais même pas comment appeler cela tant le mot « passe » me paraît éloigné de ce qui s’est vu hier soir) de passes ridicules et dégueulasses. Votre charnière interdépartementale, Brie 1er et votre serviteur, pour une raison inexpliquée, a commencé à grincer sérieusement, à baisser très nettement de niveau pour se vautrer directement dans la médiocrité crasse et les profondeurs putrides du caniveau du rugby loisir. Je t’ai balancé de ces passes de meeeeerde à m’en faire des cauchemars jusqu’à mon dernier souffle. Des trucs vomis, dégueulés vers une destination inconnue, un cloaque de passes molles et flasques, ajustées à peu près dans les chaussettes ou sur l’armoire, quand elles n’étaient pas directement en avant. Une horreur. Déjà mon premier dégagement en touche avait fait sourire les moqueurs : un coup de tatane dévissé, qui est parti directement extrême droite, là où moi, un homme de cœur et d’ouverture d’esprit, je visais complètement à gauche …

Que s’est il passé ? Trop de pression ? peut-être. Le regard d’Huggy, Ludo et Didier Merdier dans mon dos ? Peuchère, j’y ai pensé tout le match ! Ballon glissant ? y a de ça. Un peu court physiquement ? pas forcément. De la merde dans les doigts ? Assurément. Quant au Brie, il a fait du Brie : la papasse à Monsieur Patate était de sortie hier soir. Je ne comprends pas que ses ¾ ne l’aient pas giflé sur place avant de rentrer au vestiaire. Du coup, on s’est tous un peu fait chier en 2ème mi-temps, quand le match n’a plus eu de rythme, haché menu par d’incessantes mêlées, et que toutes les attaques ont foiré par des fautes techniques, et qu’on ne se trouve plus, et qu’on se laisse aller à discutailler avec l’adversaire, à se chamailler ou à se piquer d’arbitrage international, et que chacun y va de son action individuelle à vouloir changer le cours du match et sauver la France de son déclin : qui d’une charge isolée, qui d’un placage-plantage de poireau qui ne se justifiait pas, qui d’un retour intérieur pour jouer un 2 contre 12 …

Bof, moyen tout ça. Bref y a du boulot.

Et en plus RILLIEUX a mis fin aux hostilités, drapeau blanc, en ne réclamant pas de 3ème tiers temps. Mes gros en étaient tout dépités. Du coup, je n’ai pas chanté. Choucroute party pour finir, du Get sur les coups de 2 du mat’, qu’on ne rentre pas à la piaule avec mauvaise haleine, et un gros dodo sur le souvenir orange d’un super groupe, solidaire, déterminé ... et concentré tout le match.

Bravo à tous, la consigne a été appliquée. Et je pense qu’on va recommencer à parler des Gigots-Bitume comme d’une équipe pénible à prendre. Et ça c’est bon. Un immense respect aux gigots en civil dans les tribunes : les Did, Ludo, grincheux, Huggy ... Et Môssieur Poussin que tous on aimerait revoir sur le terrain, un pilar magnifique dont la modestie est en train de souffrir de ces quelques mots que j'écris sur son compte.

J'espère n'oublier personne. Vous ne m'en voudrez pas A mercredi les fruits.

PS : Effectif présent : Les avants : Tchétchène, Crapon, Franky, Pépé, Sébouze, Jean-Miche-Muche, Dingo, Kurde, L’Africain, Yoyo, JCVC, Djib, Montmirail, Belami, Rantanplan, Doc

Les arrières : RL, Brie, Toast, Fist

Gigot Bite : ?

RCBTP - Les Loups Rilliards : 5 - 0